25.09.2026

Saint-Gall, vitrine de la place financière suisse 

«Compétitivité – Pleins feux sur la place financière suisse»: tel était le thème de la Journée des banquiers 2026, qui s’est tenue le 17 septembre dernier. La Tonhalle de Saint-Gall a accueilli quelque 400 participantes et participants à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Association suisse des banquiers (ASB), suivie d’exposés stimulants ainsi que d’une table ronde. 

La place financière suisse se trouve à un tournant, comme l’ont montré les échanges entre personnalités décisionnaires venues de Suisse et de l’étranger, le haut niveau des interventions au programme ainsi que le décor historique de la Tonhalle. Son attractivité et sa compétitivité internationale ont donc été au cœur des discussions.

Un regard ouvert tourné vers l’avenir 

L’Assemblée générale a marqué un changement important à la tête de l’ASB: après avoir présidé le Conseil d’administration pendant cinq ans, Marcel Rohner a passé le flambeau à Giorgio Pradelli, CEO d’EFG International. En dressant le bilan de son parcours, il est revenu sur sa mandature, marquée par de profondes transformations au sein du secteur financier, par des défis réglementaires et par un développement résolu de l’Association. 

Giorgio Pradelli a indiqué quant à lui dans son allocution qu’il s’inscrirait dans la continuité du travail de son prédécesseur, mais en se tournant toujours vers l’avenir. Il a souligné qu’en période de turbulences géopolitiques, la Suisse pouvait tirer profit de sa réputation de place financière stable et attrayante, et il a mis en avant la diversité de la branche: des établissements internationaux solides et des banques nationales et régionales elles aussi solides qui, par leur complémentarité, contribuent ensemble au succès. 

Regards internationaux sur la place financière suisse 

L’entretien avec Colm Kelleher, Président du Conseil d’administration d’UBS, était attendu avec impatience. Fort de sa longue expérience internationale, Colm Kelleher a analysé le rôle de la Suisse dans le système financier mondial tout en cernant le positionnement des principales places financières étrangères. A cet égard, il a indiqué que si Hong Kong devançait légèrement la Suisse à l’heure actuelle, celle-ci avait toutes les cartes en main pour reprendre la première place. Outre les points forts de la place financière suisse, il a évoqué les défis auxquels les banques sont confrontées, dans le champ de tensions entre réglementation et croissance économique. 

C’est ensuite une personnalité influente du paysage bancaire européen qui a pris la parole: Bettina Orlopp, CEO de Commerzbank, a mis l’accent sur les forces de la place financière suisse, à savoir la stabilité, la confiance et la fiabilité. Elle a expliqué également que l’intelligence artificielle et la numérisation constituaient des axes de développement importants pour le secteur bancaire, de même qu’une solide culture de l’épargne et de l’investissement. Ses propos ont ainsi fait le pont entre les atouts traditionnels de la place financière et les grandes questions d’avenir concernant les banques et les marchés des capitaux. 

Sandra Navidi, fondatrice et CEO du cabinet de conseil new-yorkais BeyondGlobal, a porté elle aussi un regard extérieur incisif sur la place financière suisse. Elle a ouvert son exposé par une comparaison très parlante entre les Etats-Unis, son pays d’adoption, et la Suisse. En s’appuyant sur son expérience à l’interface entre marchés financiers d’une part et système juridique d’autre part, elle a analysé la manière dont la place financière suisse est perçue sur la scène internationale. Elle a relevé dans ce cadre les mêmes qualités que Bettina Orlopp avant elle. Son intervention a délibérément élargi la perspective au-delà du débat national, en montrant pourquoi ces qualités resteront déterminantes dans la concurrence mondiale entre centres financiers établis. 

Table ronde: entre innovation, croissance et réglementation 

Figurait ensuite au programme une table ronde réunissant Marc Bürki, cofondateur et CEO de Swissquote, Bettina Orlopp et Sandra Navidi. En guise de coup d’envoi, la success story de Swissquote a permis de montrer comment le sens de l’innovation technologique a pu faire émerger un acteur désormais reconnu de la place financière suisse. 

A propos de l’intelligence artificielle, Marc Bürki a fait un parallèle avec les débuts d’Internet. A l’époque, a-t-il rappelé, on a vu apparaître comme aujourd’hui de nouvelles possibilités, assorties d’opportunités et d’incertitudes. Mais la différence fondamentale entre les deux situations réside dans la question de la propriété et dans celle du contrôle. Alors qu’Internet s’est développé sur la base de standards ouverts et d’une infrastructure largement accessible, les infrastructures et les modèles d’intelligence artificielle sont aujourd’hui aux mains d’un petit nombre de grandes entreprises privées. 

La discussion a porté ensuite sur ce que pourrait être un juste équilibre entre déréglementation et réglementation – avec des conditions-cadres qui favorisent l’innovation tout en assurant la stabilité et la confiance. 

On a abouti au constat suivant: l’avenir de la place financière dépendra de sa capacité d’intégrer les évolutions technologiques et d’exploiter de nouveaux secteurs de croissance tout en préservant les qualités qui font sa spécificité. 

La Journée des banquiers 2026 a laissé chez les participantes et les participants une impression de dynamique en marche et de confiance en l’avenir. Au-delà des aspects professionnels, les rencontres personnelles et les échanges directs ont été au cœur de la manifestation. 

Insight

Rédacteurs

Siegfried Epeti
Responsable de la Communication
+41 58 330 62 23

Contact Médias

Notre équipe se tient volontiers à la disposition des représentants des médias pour toute question.
+41 58 330 63 35