La session en avant-première | Session d’automne 2026
Le Conseil des États se penche sur la question de la couverture en fonds propres des participations étrangères des banques d’importance systémique. Si seule UBS est directement concernée à ce stade, les conséquences de ce projet s’étendent à l’ensemble de la place financière et économique suisse. La couverture intégrale par des fonds propres de base durs proposée par le Conseil fédéral ne répond pas aux causes de la crise du CS. Le problème du CS ne résidait pas dans des exigences de fonds propres insuffisantes, mais dans les dérogations étendues et intenables (ce qu’on appelle le « filtre réglementaire ») que la FINMA n’a accordées pendant des années qu’au CS. La leçon logique à tirer serait donc d’exclure à l’avenir de telles dérogations et d’appliquer rigoureusement les règles existantes, au lieu d’exiger de nouvelles prescriptions en matière de fonds propres. Si, pour des raisons politiques, une couverture intégrale devait néanmoins être maintenue, l’ensemble des fonds propres de base devrait au moins être pris en compte, y compris les instruments AT1. Vous trouverez dans notre « avant-première de la session » d’autres dossiers pertinents pour la place financière suisse, tels que l’échange automatique d’informations sur les crypto-actifs et la modification de la loi sur le renseignement.
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Les positions de l’ASB en bref
Non au durcissement des exigences de fonds propres, oui au renforcement des instruments AT1
Contexte
Le Conseil fédéral propose que les banques d’importance systémique couvrent à l’avenir intégralement leurs participations dans des filiales étrangères par des fonds propres de base durs. Aujourd’hui, ce taux de couverture est d’environ 45 %. En pratique, cette mesure ne concernerait actuellement que l’UBS.
La CER-E a examiné le projet à trois reprises. Elle estime que la proposition du Conseil fédéral porterait excessivement atteinte à la compétitivité de l’UBS et, par ricochet, à celle de l’économie suisse. La majorité de la commission propose dès lors une solution alternative permettant de prendre en compte, à concurrence de 50 %, des fonds propres supplémentaires sous forme d’instruments AT1. Elle prévoit également de renforcer ces instruments grâce à un mécanisme échelonné afin qu’ils puissent absorber les pertes plus tôt et contribuer plus efficacement à la stabilisation d’une banque en difficulté.