Le taux de référence reste stable et ne reflète qu’en partie la dynamique actuelle du marché hypothécaire
Le taux de référence hypothécaire de l’Office fédéral du logement (OFL) demeure inchangé à 1,25 %. Cette décision du 1er juin était attendue par les experts. Dans la mesure où le taux d’intérêt moyen pondéré des créances hypothécaires en cours, déterminant pour le taux de référence, s’établit à 1,31 % et se situe ainsi proche du seuil d’une hausse, elle a néanmoins suscité un certain soulagement chez les locataires.
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Au vu de l’évolution récente du marché hypothécaire, il reste toutefois incertain de savoir combien de temps cette situation perdurera. Les principaux moteurs de la dynamique des taux sont actuellement les marchés internationaux des capitaux. La hausse des anticipations d’inflation ainsi que les incertitudes géopolitiques exercent une pression à la hausse sur les taux. En règle générale, ces évolutions ne se répercutent qu’avec un certain décalage sur le portefeuille hypothécaire des banques, et donc, in fine, sur le taux de référence.
Cela s’explique notamment par l’inertie des coûts de refinancement des banques ainsi que par la part élevée d’hypothèques à taux fixe. Par ailleurs, la concurrence sur le marché hypothécaire reste soutenue. La fixation des taux par les banques n’est pas mécanique, mais dépend des conditions de marché et des objectifs stratégiques propres à chaque établissement. Les différences entre les offres hypothécaires constituent un indicateur d’un marché compétitif. Elles montrent également que la hausse des coûts ne peut pas toujours être intégralement répercutée. Cet élément contribue lui aussi au caractère retardé de l’ajustement du taux de référence. Si cette situation garantit une certaine stabilité pour la clientèle, elle s’accompagne d’une pression accrue sur les marges pour les banques.
Le taux de référence n’est toutefois qu’un facteur parmi d’autres dans l’évolution des loyers. Les analyses montrent que des facteurs déterminants du côté de la demande, tels que la démographie et l’évolution des revenus, ainsi que l’activité de construction de logements du côté de l’offre, exercent une influence significative. Il est dès lors possible qu’après une phase prolongée de relative stabilité sur le marché locatif, les loyers augmentent progressivement, malgré un taux de référence inchangé. Malgré les signaux de pénurie, l’activité de construction de logements en Suisse reste à un niveau historiquement bas et ne parvient plus à suivre la dynamique de la demande.
Du point de vue de Swiss Banking, un élément demeure central : le marché hypothécaire suisse fonctionne de manière stable et fiable. Les banques y contribuent en évaluant les risques avec rigueur, en inscrivant les financements dans la durée et en accompagnant leur clientèle dans un environnement de plus en plus complexe.
Dans le contexte actuel, marqué par de nombreuses incertitudes, cette stabilité montre à quel point elle bénéficie à l’ensemble de l’économie.
Martin Hess, Responsable Politique économique à Swiss Banking
« Le taux de référence atténue les fortes fluctuations actuelles et contribue à maintenir la stabilité sur le marché locatif. »