Mise en œuvre de l’autorégulation ESG dans la gestion de fortune : les banques suisses tiennent le cap
L’étude publiée ce jour sur la mise en œuvre des directives ESG (ESG = environnemental, social et de gouvernance) dans la gestion de fortune, réalisée par la Haute école de Lucerne (HSLU) sur mandat de l’Association suisse des banquiers (ASB), aboutit à une conclusion sans ambiguïté: dans le domaine de la gestion de fortune, les banques suisses appliquent largement les directives ESG, qui sont solidement intégrées dans leurs processus, leurs prestations de conseil et leurs offres. Pour autant, les petites banques, en particulier, perçoivent ces exigences comme complexes et donc contraignantes. Il apparaît en outre que la formation des conseillères et des conseillers à la clientèle, la classification des clientes et des clients ainsi que le reporting sur la durabilité restent des tâches ardues.
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Selon la toute récente étude de la HSLU sur la mise en œuvre des directives ESG dans la gestion de fortune, la grande majorité des banques (86 %) appliquent intégralement la première version de cette autorégulation. En parallèle, de nombreux établissements s’emploient activement à mettre en œuvre les directives révisées : ils sont 42 % à les appliquer déjà intégralement, et 42 % aussi à être en passe de le faire. Si 85 % des banques appliquent les directives ESG directement, les 15 % restants se basent sur les prescriptions de l’Union européenne (UE), que l’autorégulation suisse reconnaît comme une alternative équivalente. A l’encontre de la réticence suscitée en général par les exigences réglementaires, les établissements interrogés considèrent majoritairement cette autorégulation comme une opportunité de faire évoluer leurs processus, leurs prestations de conseil et leur offre de produits. Les petites banques, en particulier, la perçoivent toutefois comme complexe et donc contraignante.
Solide ancrage de la durabilité dans les activités de placement
La durabilité est bien établie en matière de placement, surtout dans les grands établissements : 52 % d’entre eux considèrent les critères de durabilité comme une haute priorité stratégique. Ce chiffre est inférieur dans les petites et moyennes banques, ce qui reflète les différences de structures, de modèles d’affaires et de ressources. Mais, globalement, l’étude confirme que la durabilité fait désormais partie intégrante de la gestion de fortune. En dépit d’écarts parfois importants dans la profondeur et la structuration des offres, on est désormais pleinement conscient au sein de la branche que les facteurs ESG contribuent au succès des investissements. De plus, les solutions ESG prennent aujourd’hui le pas sur les produits traditionnels dans les propositions de placement.
La plupart des banques s’efforcent de collecter les informations sur les préférences ESG de manière
simple : 58 % posent à cet effet une ou deux questions aux clientes et aux clients concernés. Celles‑ci peuvent être intégrées de manière ciblée et efficace dans les entretiens avec la clientèle – ainsi que dans les systèmes internes existants des banques. 67 % des banques proposent à leurs clientes et clients un choix de différents profils ESG, les grandes banques le faisant plus souvent que les banques de taille moyenne et petite en raison de l’effort impliqué. Les conseillères et les conseillers à la clientèle influent fortement sur la classification et les choix de profil, au point que 73 % des banques jugent cette influence déterminante. D’où l’importance d’une formation uniforme et approfondie des conseillères et des conseillers à la clientèle, un enjeu central de l’autorégulation.
Deux leviers primordiaux: la formation et le reporting
Malgré des progrès évidents, la formation des collaboratrices et des collaborateurs demeure un défi de taille pour les banques. Si les questions de durabilité font partie intégrante des prestations de conseil dans de nombreux établissements, elles nécessitent en effet d’être régulièrement mises à jour compte tenu de la dynamique ESG en cours. Dès lors, 79 % des établissements interrogés considèrent que la formation de leur personnel est une tâche ardue.
Le reporting sur la durabilité nécessite tout particulièrement d’être amélioré. Les informations doivent être présentées de manière claire, transparente et compréhensible. Or à défaut de normes uniformes, le reporting sur la durabilité est nettement plus fastidieux que le reporting financier classique. Il semble toutefois s’imposer de plus en plus comme une norme sectorielle.
Nécessité d’aller plus loin
Les résultats de l’étude montrent que les banques en Suisse ont nettement progressé dans l’intégration des normes ESG et qu’elles participent activement au processus de transformation. Les directives ESG sont largement appliquées et contribuent efficacement à la prévention de l’écoblanchiment. La branche fait donc sa part. La balle est à présent aussi dans le camp des clientes et des clients, qui sont libres de choisir leur banque et leurs solutions de placement en tenant compte de leurs préférences ESG. Mais il n’en est pas moins essentiel de continuer à améliorer le savoir-faire, les processus de classification et le reporting, afin de développer plus encore les services financiers durables.
A propos de l’étude
A propos des directives ESG dans la gestion de fortune